Il se prépare, s'habille et se maquille. Ses yeux bleus sont vite ensevelis sous une couche de faux cils. Sa bouche, ridée d'avoir trop ri, se transforme en un gigantesque sourire grotesque.
Au loin, il entend les cris des enfants qui s'impatiente déjà.
Si, parfois, il est triste, jamais il n'oublie qu'un regard pur d'enfant le sauve à chaque fois. S'il a déjà eu l'envie d'en finir, des souvenirs innocents l'assaillent à temps.
Il est entouré d'une couleur, encerclé de gaieté, étouffé de splendeur...
Parfois, il manque d'air, sa respiration s'accélère et des larmes viennent effacer son maquillage.
Des larmes, lourdes d'un secret qu'il ne s'est pas encore avoué.
Il le sent, pourtant. Il sait le terrible geste qu'il a eu un jour où le soleil s'était allié à la pluie.
Il y pense souvent, tente alors d'éloigner ce souvenir mesquin...
Mais il lui revient toujours avec plus de force, d'intensité et de violence.
Arrivera un jour où il devra s'en débarrasser.
Le cracher, le vomir à quelque oreille attentive.
Il se mire dans la glace... Son reflet est pâle.
Comme chaque jour de son edxistence, il entre en scène et joue, et mime, et chante, et danse.
Les enfants sont là, les enfants l'admirent, les enfants l'aiment.
Il se cache encore que les rires joyeux des petites têtes blondes ne sont réels que dans sa mémoire...
Il se cache encore qu'il a vraiment sauté de la montagne, ce jour arc-en-ciel où les couleurs l'ont agressé.
Il se cache encore qu'il jouera indxéfiniment le même spectacle durant l'éternité où son spectre vivra.